La Quarantaine littéraire

Dernier jour de confinement : oui oui on y croit très fort pour ce dernier jour au Pré, rue Gutenberg, on revient aux origines du livre, à l’essentiel, à l’imprimerie c’est ce que réussit fort bien cet éditeur Olivier Rougerie en publiant de la poésie depuis plus de 70 ans dans les traces de son père René Rougerie à Mortemart, avec tout l’art de la typographie. Oui, ses livres sont dans les librairies qu’il visite chaque année et aussi visibles sur son nouveau site concocté par sa fille. Une belle histoire de famille ces éditions, et surtout une famille littéraire à découvrir, à commencer par Saint-Pol Roux, Pierre Albert-Birot, Pierre Seghers, et plus récemment Guénane Cade, Marc Dugardin, Roland Reuntenauer, François Perche… et bien d’autres si bien accompagnés par un éditeur authentique. Merci Olivier.

40e rugissant… jour de confinement : toujours en confinement et pourtant tellement envie d’être sur la route ! Bien sûr Sur la route de Jack Kerouac, pas seulement un très bon livre, juste un moment inoubliable de lecture, un texte fondateur, une route littéraire que nombre d’écrivains ont suivi par la suite. Dans le thème, l’appel à la liberté et à la connaissance de soi, je pense à deux lectures récentes, de deux livres d’écrivains jeunesse qui nous font suivre des routes d’adolescents Aussi loin que possible d’Eric Pessan, qui retrace la course/fugue de deux collégiens mêlant leur quête d’identité à des questionnements sociaux, familiaux…Une très belle découverte et très bonne lecture que l’on vole avec plaisir aux lecteurs adolescents. Dans ce registre Tracer de Guillaume Nail (aux éditions du Rouergue) est un livre qui se lit d’une traite (surtout en période de confinement l’appel de la route et de la randonnée se faisant plus pressant). Au delà de cet envie irrésistible de chausser ses baskets pour tracer sa route, on est happé par le chemin qu’Emjie, jeune adolescente, entreprend suite au décès brutal de ses parents. Un road-movie vers l’Aubrac, mais surtout un très beau récit sur le deuil, la solitude, l’adolescence, l’amitié, l’identité. C’est tout simplement fort, juste, évoquant une jeunesse d’aujourd’hui, et des émotions et réflexions éternellement universelles. Formidable ode à l’adolescence, cet âge “de tous les possibles”, des “chemins à tracer”…

40e rugissant… jour de confinement : on est toujours dans la quarantaine on ne compte plus les jours mais on continue à explorer des contrées littéraires et la veille du Premier Mai, pourquoi ne partirait-on pas en plein Far west avec une série géniale, Lonesome Dove, publié chez un très bon éditeur Gallmeister signée Larry McMurtry, co-scénariste de ce très bon film Le secret de Brokeback Mountain, on pourra finir cette lecture avec un autre bon western familial comme Silverado ou continuer du côté des indiens avec l’excellent livre de Jim Fergus Mille femmes blanches, à nous les grands espaces !

40e jour de confinement : 40e jour normalement le dernier…. alors pour ce jour spécial je vous lance un défi j’ai relevé pleins de mots qui commence par “conf” et attends vos compositions. Voici mon humble participation et pour notre quarantaine littéraire qui devait se finir aujourd’hui elle se poursuivra lentement jusqu’au déconfinement (il me reste une pile de livres à lire et relire…), avec un rythme allongé, différent, libre et vagabond : c’est peut-être la première leçon à retenir de ce confinement : comment rythmer son temps ? A vos plumes : ma liste : Confier / Confiter / Confit / Confiture / Confiner / Confiturer / Confitage / Confiturier  / Confiteor (prière latine) / Confire / Confins / Confort / Confond / Confus / Confluent / Confiance  / Confiant / Conflit / Confident / Confiserie / Conférence / Conf-call (proposition de Félix) Confinemental (proposition de Nina – le pot de confiture de mots doux est aussi un de ces heureux cadeaux de fête des mères) 

cadeau heureux de fête des mères

Nous voilà
Petits fruits confits
A nous confier 
Nos confiseries littéraires
Confiants et confidents 
A nous configurer 
Aux confins 
De l’imaginaire 
Nos mots confiturés
Dans un long, lent confinement 

E&L

39e jour de confinement : on fait un tour du côté de nos amis belges, pour leur littérature, mais aussi pour leurs poètes et poétesses souvent drôles, justes et terriblement sympas pour les chanceux qui on pu les croiser. La clarté pour dire la beauté des choses simples mais aussi la fantaisie pour dire la complexité des choses essentielles. Pour l’humour décapant, on retiendra l’excellentisssssime Jean-Pierre Verheggen, pour la fantaisie onirique Laurence Vielle (Récréation du monde), pour les enfants et les grands enfants que nous sommes Pierre Coran et Carl Norac (une lignée de poètes qui nous apprend à regarder poétiquement le monde dès l’enfance). Le Saviez-vous il existe un poète national en Belgique (Laurence Vielle l’a té et cette année c’est Carl Norac, quelle chance ils ont ces belges !) Et on relira Maurice Carême, dans ses textes peu connus, injustement critiqué par certains poètes français jaloux de son succès (bien mérité) dans nos écoles.

38e jour de confinement : cela ne vous aura sans doute pas échappé : on fêterait cette année les 100 ans de Boris Vian, si le poète, chanteur, musicien avait bien pu nous donner quelques années de vie et de talent en plus. Heureusement il nous laisse une ouverte considérable, pleine de profondeur, de gravité (quant il écrit au président) et pleine de fantaisie (parce qu’on est pas là pour se faire engueuler… Nous avons tous un refrain à chantonner avec ce troubadour des temps modernes ! Pour revisiter son oeuvre : le site de son centenaire. Vivement la fin du confinement pour découvrir le livre du centenaire et si on écrit une belle lettre à la fondation Boris Vian (6 rue Cité Véron 75018 Paris) on pourra visiter son appartement au-dessus du Moulin rouge (il avait pour voisin Jacques Prévert !), ça vaut le détour 🙂

“Je ne veux pas gagner ma vie, je l’ai.”

Boris Vian, L’écume des jours

37e jour de confinement : on continue avec de courtes pépites, qui raconte simplement et justement le quotidien et l’universel, petits trésors sur le matin, l’oiseau, le soir… issus d’un recueil que je recommande : Possibles futurs (extraits et critiques sur l’excellent site Babelio) de Guillevic et on peut lire pleins d’autres poèmes du poète sur ce site. Petit moment du soir accompagné de la belle nuit étoilée de Van Gogh.

Patience, patience,
Les étoiles !

On a de quoi s’occuper
Sans vous.

Guillevic

36e jour de confinement : on fait dans le court, pas par fainéantise mais parce que dans trois petits vers, tout un monde surgit, c’est la magie du haïku et des formes poétiques courtes. Découvrir les célèbres haïkus japonais, et des haïkus et haïjins (apparus après 1945) de femmes réunis dans une superbe anthologie publiée à la Table ronde. Pour lire des sites de haïkus : l’association francophone de haïkus / un haïku.com / une belle sélection sur le site Eternels éclairs

Sur le chemin de la fillette,
Devant, derrière,
Des papillons volent.

Chiyo-ni, poétesse, bonzesse et peintre du 17e siècle !!! (rien que cela, ça me plaît !)

Je mets du rouge à lèvres.
Dans la glace, se balancent
les fleurs de cosmos

Madoka Mayuzumi, poétesse contemporaine

35e jour de confinement : on me demande du Prévert, mais oui du Prévert, on a tous les jours besoin de Prévert, mais comment choisir l’oeuvre est tellement géniale alors par les premiers textes lus, poèmes appris… bizarrement pour moi et c’était bien une rencontre dans le bizarre total : c’était La pêche à la baleine avec les illustrations superbes et effrayantes d’Henri Galeron, puis Paroles, son plus beau recueil, puis Grand Bal de Printemps, puis… et parfois juste deux vers magnifiquement agencés :

Quand la vie est un collier
chaque jour est une perle…

34e jour de confinement : en regardant le biopic Colette (centré essentiellement mais avec justesse sur sa période avec Willy), on repense à la jeune fille aux grandes nattes, à la femme de lettres à la vie incroyable, à sa grande liberté de création, de vie amoureuse, et évidement à ses romans et écrits et à son célèbre personnage Claudine, à l’école, à Paris qu’on peut ici relire … Claudine à l’école : “Je m’appelle Claudine, j’habite Montigny ; j’y suis née en 1884 ; probablement je n’y mourrai pas…”

33e jour de confinement : allons chercher le bonheur, le sel de la vie, du côté d’un écrivain heureux : Jean Giono, pour relire le Hussard sur le toit, texte de circonstance, mais aussi ses belles pages, odes à la nature dans sa trilogie de Pan  (CollineUn de Baumugnes et Regain) De nombreuses oeuvres à relire ou à écouter par Pierre-François Garel ou Jacques Bonnaffé, également en livre-audio. Et surtout écouter l’émouvante interview sur le site de l’INA : il nous donne ses clés du bonheur 🙂

32e jour de confinement : c’est vendredi, Vendredi ou la vie sauvage ou Vendredi et les limbes du Pacifique, oeuvres magnifiques de Michel Tournier, réécoutez ses robinsonnades sur France Culture. Un auteur à lire et relire pour son pouvoir insatiable de conteur, pour son imaginaire extraordinaire et son regard de créateur (et d’amateur de photographies mais nous en reparlerons pour un prochain jour) !

31e jour de confinement : un peu de joie, de musique, de danse avec Be Happy, ce très bel album illustré (par Sébastien Mourrain) chez Didier Jeunesse (qui propose de belles initiatives pour découvrir leurs livres en période de confinement) et c’est Susie Morgenstern, l’autrice jeunesse en personne, qui nous fait découvrir les plus belles comédies musicales de son enfance ! Oui Stay Happy, stay home !

I’m singing in the… living room..

30e jour de confinement : pour égrener nos journées de lectures, des récits mythologiques écrits en 100 épisodes autour d’un personnage divin et/ou héroïque. Ces feuilletons (Hermès, Thésée, Ulysse et Artémis) écrits par Muriel Szac, nous permettent de partager avec les enfants, en lecture à voix haute, avec des dessins sublimes, l’univers d’Homère. Un site https://lesfeuilletonsdelamythologie.fr est spécialement dédié à cette collection chez Bayard. De plus, pendant ce confinement, l’autrice nous livre sa propre lecture à voix haute et nous la livre gratuitement sur l’excellent site Bayam

Le dernier opus de la collection : Artémis (la couverture est plus blanche… on en est à la moitié:)

29e jour de confinement : nous voilà repartis pour une 28taine, exactement au milieu de notre confinement. Pour notre quarantaine, en attendant… quoi, qui… En attendant Godot alors, la géniale pièce de théâtre de Samuel Beckett, publiée aux éditions de Minuit, jouée des milliers de fois par des comédiens extraordinaires.
Alors oui en attendant les prochains festivals de théâtre, il faut lire et relire les grandes oeuvres théâtrales, pour le classique la Comédie française continue et du côté des contemporains au théâtre de la Colline, suivre les pensées du talentueux dramaturge Wadji Mouawad !

28e jour de confinement : lundi de Pâques, jour de la Résurrection, «huitième jour» destiné à durer toute une semaine de sept dimanches et à préfigurer une éternité paisible et radieuse, lit-on chez les spécialistes est-ce à dire que nous inaugurons une nouvelle quarantaine ? Alors un peu de spiritualité dans nos lectures avec les belles pages de Christian Bobin, poétiques, simples, apaisantes de mon recueil préféré Une petite robe de fête, à relire également Le Très-bas, La part manquante

Ode à la lecture

Les livres aimés se mêlent au pain que vous mangez. Ils connaissent le même sort que les visages entrevus, que les journées limpides d’automne et que toute beauté dans la vie : ils ignorent la porte de la conscience, se glissent en vous par la fenêtre du songe et se faufilent jusqu’à une pièce où vous n’allez jamais, la plus profonde, la plus retirée. Des heures et des heures de lecture pour cette légère teinture de l’âme, pour cette infime variation de l’invisible en vous, dans votre choix, dans vos yeux, dans vos façons d’aller et de faire. A quoi ça sert de lire. A rien ou presque. C’est comme aimer, comme jouer. C’est comme prier. Les livres sont des chapelets d’encre noire, chaque grain roulant entre les doigts, mot après mot. Et c’est quoi, au juste, prier. C’est faire silence. C’est s’éloigner le soir dans le silence.” Christian Bobin

27e jour de confinement : dimanche de Pâques, joli temps d’avril et l’appel irrésistible de partir à la chasse aux oeufs… de suivre ce petit lapin de la poétesse Jeanne Marvig ou de chantonner : “Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite. Le bonheur est dans le pré, cours-y vite. Il va filer… ” avec Paul Fort.

Le petit lapin

Dans le pré qui vers l’eau dévale,
Un lapin sauvage détale.
Un saut bref, un rapide élan,
Et montrant son panache blanc,
Il fuit vers la forêt prochaine
Une touche de marjolaine
L’arrête un peu, faisant le guet.
Il entrouvre un œil inquiet,
Et, seule, son oreille bouge !
Un bond brusque dans le foin rouge,
Et, n’entendant plus aucun bruit,
Le nez au vent, humant la nuit
Où déjà la lune se lève,
Assis sur son derrière, il rêve.
Jeanne Marvig

Petit lapin masqué d’un très bon chocolatier du Pré !

26e jour de confinement : on pense à ce qui nous manque le plus : voir ceux qu’on aime, autrement qu’à travers un écran ou avec la distanciation sociale inévitable (quelle horrible expression !) et on peut relire une saga extraordinaire sur les relations humaines et une amitié complexe : L’amie prodigieuse d’Helena Ferrante, chez Gallimard. A voir également la série, bien adaptée sur canal+(mais après le livre, persiste toujours une pointe de déception, celle de poser des images sur le propre film que l’on s’est construit avec les mots de l’écrivaine). Dans le genre de saga familiale, sociale, italienne je ne saurais que recommander les 4 films Nos meilleures années : merci chers créateurs pour ces beaux souvenirs d’été de lectures et de films… avec l’espoir que pour cet été nous aurons le prochain roman d’Helena Ferrante à paraître en juin chez Gallimard, on croise les doigts !

25 jour de confinement : on ne l’aura pas oublié, cette fameuse année 2020 est l’année de La BD, et on peut faire le plein de lectures gratuites sur des sites d’éditeurs comme Dargaud ou autre : une sélection de téléchargements. Pour ma part je me délecte de la petite série de BD d’une petite fille de 10 ans, Nina : Les Chats du quartier ! (attention manuscrit livré tel quel avant corrections et impression)

24e jour de confinement : et la vie devant nous, n’est-ce pas : Quand je pense à cette expression je pense bien évidemment à La vie devant soi de Roman Gary/ Emile Ajar, superbe roman qui obtient le prix Goncourt en 1975. Si on a dans nos bibliothèques un livre de ce grand romancier (Education européenne, La promesse de l’Aube, Les racines du ciel, Gros-Câlin…) alors oui il faut les lire et relire, et si en plus on a la biographie de Myriam Anissimov chez Denoël, on replonge dans la vie incroyable de cet auteur grâce également aux nombreux documentaires sur France Culture ou sur l’INA

Vous voyez La biographie de Romain Gary se trouve juste à côté de l’excellente biographie de Marguerite Duras par Laure Adler chez Gallimard que je vous conseille évidemment !

23e jour de confinement : quoi de mieux qu’une sélection de livres pour enfants et adolescents en ce mercredi, une liste concoctée chaque année depuis plus de 30 ans par l’essentielle association Le Prix des Incorruptibles, et ses nombreux allié.es (bibliothécaires, libraires, enseignant.es) pour faire lire des milliers d’élèves en classe chaque année !

Heureuse de voir dans la sélection 5e/4e l’expédition fantastique Aurora de Washti Hardy chez Auzou et bonne nouvelle la suite va bientôt sortir… 🙂

22e jour de confinement : lecture et écriture, on revient avec Emergences 1 2 et bientôt 3 avec la Charte des auteurs et illustrateurs pour la jeunesse : l’occasion de relire de très bonnes nouvelles et ça ça fait du bien des bonnes nouvelles ! Les deux premières versions en anglais avec l’excellent traducteur Vineet Lal, lire les nouvelles 2019 et se lancer dans le prochain concours Emergences 2020 avec cette nouvelle phrase d’accroche : La preuve était là, sous mon nez”

21 jour de confinement : et surtout le jour de mon anniversaire… eh oui rien trouvé en littérature pour définir ce moment particulier alors quelques modestes lignes inspirées de ce curieux moment et serait heureuse de lire vos textes, réflexions, vers, prose, dessins à vous chères autrices et chers auteurs qui nous raconterez dans quelques temps ce temps suspendu 🙂

Le jour j, le seul jour immuable
qui devait arriver imperturbable :

le jour anniversaire !

Rendez-vous qui tient ses promesses, toujours, 
Au milieu de l’inattendu 
ce petit et grand jour 
bien que confiné continue 
de faire filer le sablier
Il sera cette année 
en huis clos ou masqué
mais reviendra dans un an
précisément,
sur un air de fiesta
sous le soleil et le vent

20e jour de confinement : c’est la moitié de la quarantaine littéraire, le moment de se diriger Vers une sobriété heureuse avec Pierre Rabhi, de découvrir Pauline, l’héroïne d’Alexandre Dumas ou de partir sur l’Ile au trésor avec Stevenson. Et tout cela gratuitement à l’écoute des oeuvres grâce à l’offre exceptionnelle offerte par les éditions Thélème pour ces trois titres et 50 % sur une sélection

trois grands textes à écouter et à télécharger gratuitement sur editionstheleme.com

19e jour de confinement : En sortant de l’école, vous vous rappelez ce joli poème de Jacques Prévert ? En musique, en dessin animé c’est l’heureux résultat du formidable projet de Delphine Maury “En sortant de l’école“, qui chaque année met des poèmes en court métrage d’animation par des étudiants sortant de l’école. Vous pouvez commencer par le premier épisode de cette belle collection consacré à Jacques Prévert. Cela égayera notre curieuse sortie d’école:)

En sortant de l’école
Nous avons rencontré
Un grand chemin de fer
Qui nous a emmenés
Tout autour de la terre
Dans un wagon doré

Jacques Prévert
Les quatre saisons d'en sortant de l'école ont été publiées dans un beau livre DVD chez Thierry Magnier 

18e jour de confinement : dernier jour de confinement… enfin de l’école à la maison pour certains… mais si on faisait des petits travaux d’écriture pendant les vacances de Pâques : avec les éditions Auzou et Lire Demain on peut reprendre les incipits que les autrices et auteurs jeunesse nous ont livré l’année dernière pour imaginer des suites.
Le concours C’est notre livre 2020 est reporté à l’année prochaine, chères enseignantes et enseignants, vous aurez tout le temps de vous y inscrire. Et vous quel est votre plus beau incipit en littérature ?

Le jour où les pires vacances de ma vie ont commencé, j'avais mon perroquet sur l'épaule, mon petit frère dans les pattes et un camembert en main. Oui, un camembert! Il faut que je vous raconte ..." raconte la suite avec Séverine Vidal 
Les autres débuts de phrases à découvrir

17e jour de confinement : ode à la nature avec ces quelques vers du grand William Blake et petite dédicace à une amatrice d’herbiers de fleurs et de mots, né un 2 avril.

Voir le monde dans un grain de sable

Et le paradis dans une fleur sauvage

William Blake 

16e jour de confinement : un jour de sortie : poisson d’avril ! Sortie littéraire alors : du côté du célèbre auteur de romans policiers, père des fameuses aventures de Sherlock Holmes : Conan Doyle et sa nouvelle Poisson d’avril et une petite fantaisie de Paul Géraldy !

J’ai vu 3 chats bleus, à la queue leu-leu
Marchant sur un fil … Poisson d’avril !
J’ai vu un chameau faire du vélo
Tout autour d’une île… Poisson d’avril !
J’ai vu un gros ver en hélicoptère
Traversant la ville … Poisson d’avril !
J’ai vu une vache avec des moustaches
Et de très longs cils … Poisson d’avril !
J’ai vu 10 corbeaux assis sur le dos
D’un vieux crocodile … Poisson d’avril !

Paul Géraldy

15e jour de confinement : un confinement Rue Gutenberg, quoi de mieux pour rendre hommage au fondateur de l’imprimerie : Gutenberg ! En découvrant par exemple le projet Gutenberg qui nous met à disposition les oeuvres classiques : mon premier choix va vers Le Grand Meaulnes d’Alain Fournier, qui vient d’intégrer la célèbre collection de la Pléiade chez Gallimard. Sinon toujours possibilité de l’écouter par Mathurin Voltz chez Thélème.

“Tant de joie, se dit-il, parce que j’arrive à ce vieux pigeonnier, plein de hiboux et de courants d’air!…”

14e jour de confinement : ça devait être le dernier mais c’est le premier d’une prochaine quinzaine…allez on respire et on reprend l’école à la maison, ok mais en s’amusant avec Grammaire en fête de la poétesse Andrée Chedid ! et pleins de conseils de lecture sur l’excellent site pour la littérature jeunesse : la mare aux mots

LA RÉVOLTE DU SUJET
«Un jour, un jour»,
Chante le Sujet
«Je me tiendrai
Seul
Sur mes pieds.
Sans ordre
Sans verbe
Et sans allié
Dans un désordre
Illuminé!»

13e jour de confinement : c’était un jour de voyage, en partance pour Bologne…

alors nous allons voyager dans des images avec celles des illustrateurs et illustratrices jeunesse avec le catalogue du Voyage à Bologne 2019, initié par la Charte, avec une pensée pour nos amis italiens et les lauréats 2020, avec qui nous repartirons en 2021. Quelle image vous inspire ? Et vous quel est votre plus beau livre d’images ?

12e jour de confinement : un jour de plus, une goutte de plus, et le temps qui s’écoule : pour cela rien de mieux que de le dire en poésie et en chanson, en français et en portugais grâce aux talentueux musiciens poètes à Carlos Jobim, Vinicius de Moraes et Georges Moustaki sans oublier le duo formidable Elis Regina – Carlos Jobim qui chante Aguas de março

Un pas, une pierre, un chemin qui chemine
Un reste de racine, c'est un peu solitaire
C'est un éclat de verre, c'est la vie, le soleil
C'est la mort, le sommeil, c'est un piège entrouvertUn arbre millénaire, un nœud dans le bois
C'est un chien qui aboie, c'est un oiseau dans l'air
C'est un tronc qui pourrit, c'est la neige qui fond
Le mystère profond, la promesse de vie...

11e jour de confinement : on se tourne vers l’oeuvre de JMG Le Clézio, parce qu’elle est immense, parce qu’on y trouve La quarantaine, récit inspiré par le séjour forcé d’Alexis, le grand-père maternel de Le Clézio, sur un îlot au large de l’Ile Maurice (entretien à propos de ce livre), parce que j’y trouve mon premier souvenir intrigant de jeune lectrice : Lullaby, une rêverie adolescente que je n’arrivais pas à appréhender mais qui m’a fortement imprégnée sans doute parce qu’y règnent le soleil et la liberté 🙂

10e jour de confinement : lire et écrire, et pourquoi pas tenir un journal, pleins d’exemples littéraires en tête dont Le journal d’Anne Franck bien sûr, mais c’est en revoyant le superbe film Les raisins de la colère de John Ford, que l’idée m’est venu de vous partager le début de ce magnifique roman Les raisins de la colère et de lire le journal de John Steinbeck Jours de travail, édité par les éditions Seghers. En période de télétravail et continuité pédagogique, voici quelques extraits du journal de ce grand écrivain américain.

Entrée #2
[31 mai 1938 – mardi]
C’est le journal d’un livre et il sera intéressant de voir comment il va tourner. J’ai essayé de tenir des journaux auparavant, mais ça n’a pas marché à cause de la nécessité d’être honnête. Là où il n’y a pas de vérité bien définie, j’ai tendance à graviter du côté opposé. Parfois, lorsqu’il y a une vérité absolue, je suis révolté par sa suffisance et je fais la même chose. Ici toutefois, je vais essayer simplement de tenir un registre des journées de travail et de la quantité atteinte chaque jour, et du succès (pour autant que je puisse en juger)...

9e jour de confinement : et si on s’intéressait aujourd’hui à tous ceux qui nous narguent par leur liberté : les oiseaux ! Relisons Le verlan des oiseaux (éd. Motus) du poète Michel Besnier, c’est drôle et tellement bien vu 🙂 et sa version campagnarde avec Les poules parlent. Et moi je vous partage quelques vers pour vous parler de mon voisin le merle moquer !

8e jour de confinement : atelier d’écriture et si on commençait une nouvelle histoire par ces mots sur le modèle du concours Emergences ! : “Je casse ma tirelire. Elle est vide ! Où est mon argent ? A la place, juste une feuille de papier pliée.”

C’est l’exercice qu’on fait 12 autrices et auteurs en 2018 grâce à la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse via le projet Emergences et c’est ainsi qu’on a découvert 12 talents de la littérature jeunesse 🙂 A vos stylos ! et demain vous pourrez découvrir les nouvelles lauréates et après-demain les lauréat.es 2019, ça va on encore un peu de temps de lecture devant nous 🙂

7e jour de confinement : on part dans le futur et on découvre une super dystopie : 2105 mémoire interdite d’Anouk Filippini : Dans ce roman pour adolescents (mais pas que oui les adultes c’est aussi pour vous) il n’existe plus que deux classes sociales : les Lastings (qui vivent 400 ans) et les Vulnérables. Une fois par an, un concours permet à deux Vulnérables d’accéder au statut de Lastings. Sophia décide d’y participer, mais elle a bientôt des visions d’une époque taboue pour le gouvernement mondial : les années 2000… Ces souvenirs sont implantés en elle sous forme de virus, mais elle pourrait y trouver des informations cruciales sur son monde… .

Vous voulez lire le livre ? : alors précipitez vous pour répondre à la question en participant au concours sur Instagram “Si vous aussi receviez un sérum allongeant votre espérance de vie de 400 ans, que prépariez-vous pour le futur ?” Instagram Auzou_Romans / concours et abonnez-vous pour d’autres conseils de lecture.

6e jour de confinement : repos bien mérité non ? Alors je vous conseille un livre que je n’ai pas encore lu mais qui m’attire beaucoup, vous l’avez-vous lu ? En plus c’est en accès libre sur ce super site pour relire tous les classiques : Wikisource : : écoutez-le sur www.editionstheleme.com

5e jour de confinement : eh oui pas de week-end pour la quarantaine littéraire : aujourd’hui c’est le jour de la poésie alors mon plus beau choc poétique ces derniers temps c’est la rencontre de deux grands écrivains : Gaël Faye et René Depestre, plus que jamais il faut relire le merveilleux livre de Gaël Faye Petit pays (ma dernier et plus belle découverte littéraire) et la merveilleuse poésie de René Depestre, à l’image de l’homme. ET réécoutez leur rencontre audio grâce aux éditions Thélème avec Révolte et Tendresse

CD René Depestre Gaël Faye – éditions Thélème

4e jour de confinement : Quoi de mieux pour le jour du Printemps que les vers de Victor Hugo pour le célébrer et enchanter notre drôle de Printemps et un souvenir d’une vue du jardin de Claude Monet, et vous racontez-nous vos souvenirs de printemps.

Voici donc les longs jours, lumière, amour, délire ! 
Voici le printemps, mars, avril au doux sourire, 
Mai fleuri, juin brûlant, tous les beaux mois amis ; 
Les peupliers, au bord des fleuves endormis,
Se courbent mollement comme de grandes palmes; 
L’oiseau palpite au fond des bois tièdes et calmes; 
Il semble que tout:rit, et que les arbres verts 
Sont joyeux d’être ensemble et se disent des vers. 
Le jour naît couronné d’une aube fraîche et tendre, 
Le soir est plein d’amour, la nuit, on croit entendre, 
A travers l’ombre immense et sous le ciel béni, 
Quelque chose d’heureux chanter dans l’infini.

Victor Hugo

Vue du jardin de Claude Monet, Giverny

3e Jour de confinement : c’était mercredi mais ce sera aussi jeudi, je me cale avec tous les autres confinés : on en est donc bien au 3e jour mais je vous donne un peu de rab avec ce petit poème ensoleillé si vous regardez par la fenêtre, bon 3e jour :

Pure merveille 

feuille verte feuille jeune

dans l’éclat du soleil.

Bashô

C’est aussi l’école ce matin : alors une petite récréation poétique avec Jacques Roubaud 🙂

Voilà le drôle de menu du grand poète Jacques Roubaud

in dans Qu'est-ce qui mijote dans ma marmite à mots, Bayard

Et vous quel sera votre menu aujourd’hui ?

découvrir la poésie de Jacques Roubaud et l’oulipo, ce mouvement de littérature sous contrainte

2e jour de confinement : après un petit tour virtuel en forêt

Et si on rêvait d’une grande sortie en forêt ou qu’on en revienne tout justement et qu’avec un chocolat chaud on écoute ce que nous disent les arbres : rien de tel qu’une bonne lecture de nouvelles du recueil Au coeur de la forêt, vous l’aurez compris c’est mon coup de coeur chez Auzou. Vous aussi vous vous rappelez cette sensation du vent dans les arbres, un petit extrait de la nouvelle d’Erik L’Homme : “Nolwenn ferme les yeux, respire à fond. Un souffle de vent dans les frondaisons fait frissonner le feuillage, lui effleure le visage. Elle a l’impression tout à coup que l’arbre essaye de lui parler…”
Et vous que vous inspire les arbres ?

1er jour de confinement
Je vous partage mon poème préféré.
Et vous quel texte parle de votre pays d’enfance ?

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